Avant de gravir le Djebal Musa, je contemplais

le monastère de Sainte Catherine. Perdu au milieu de nulle part, entouré de montagnes, ce monastère est un centre monastique orthodoxe dont la vie monacale s'est déroulée d'une façon ininterrompue depuis le VIème siècle.
Depuis 1400 ans cet édifice, construit sous le règne de Justinien ( 525-565) a toujours été sous la protection d'une autorité. De Mahomet aux califes musulmans et aux sultans turcs, et même Napoléon, tous ont pris ce lieu sous leur protection, lui évitant ainsi tout pillage.
Donc, je méditais devant ce monastère lorsque l'idée d'y passer 24 heures me sembla évidente.
Dans l'église, j'aperçois un moine et lui demande à qui je devais m'adresser pour une telle requête. Cinq personnes plus tard, je me trouve devant le Père Supérieur.
- " J'aimerais partager la vie des moines durant 24 heures, vivre et dormir dans une chambre comme eux. Je vous demande ceci pour demain soir, car dans l'immédiat, je monte dormir au sommet de la montagne Sainte!"
- " Je vais réfléchir. Revenez me voir demain."
Grâce à cette première démarche, j'ai pu profiter du calme du lieu, loin de la foule venue visiter ce lieu saint.
Le lendemain, je demande à nouveau le Père Supérieur afin d'obtenir sa réponse. Je me sentais l'âme du petit enfant de chœur que j'étais, face au curé de la paroisse.
- " Hélas, il ne vous sera pas possible de passer la nuit au monastère, mais venez partager le repas avec nous!"
Un peu déçu, mais pas trop surpris de la réponse négative, je me rendis, fébrile, à 12h20 précises, à la petite porte creusée dans la grosse muraille.
Quelques minutes plus tard, je pénétrais dans le grand réfectoire.. 18 moines et deux 'civils' qui travaillent au monastère, étaient attablés autour de 5 grandes tables. Je me suis assis à l'une de ces tables.
Le repas se déroula dans un silence absolu. Aucun mot n'est échangé. Seul, du haut de la chaire, le plus jeune des moines lisait des chapitres de la Bible.
Moment d'une émotion intense, je me rendais compte que je vivais des instants exceptionnels, que j'avais droit à un privilège rare.
A la fin du repas, après les lectures de la Bible, les moines firent en commun quelques prières, puis chacun repartit à ses activités.
Moi, j'ai attendu le Père Supérieur afin de le remercier de façon confuse et maladroite. J'avoue que j'étais impressionné!
En traversant la cour, puis les couloirs, j'étais sur un petit nuage et, une fois dehors, en face de ce monastère, j'ai du me pincer en me disant : non, tu n'as pas rêvé!!
Bravo ! Claude S.
RépondreSupprimerMerveilleux ! La vie est merveilleuse, le regard que tu y portes l'es encore plus.
RépondreSupprimerNotre petite vie dans ce pays parait parfois bien fade face à tes voyages, tes rencontres et tout ce que tu nous racontes. Bien sûr, les gens que tu croises ont, eux aussi, une vie toute simple et surement routinière.
C'est le mouvement qui crée le rêve.
Encore merci.
Alain, qui ne propose ni du pain, ni des vélos, qui ne repasse ni n'aiguise dans la rue, mais qu'y vend des livres, très simplement.