Au Caire et dans le Sinaï

Je me réjouissais de vous raconter, dans ce blog, mon aventure à vélo pendant trois mois.
Je ne suis parti que dix jours, un peu déboussolé, évidemment déçu, mais décidé à les rendre riches en rencontres.

Je suis resté au Caire durant deux jours.
J'ai essayé d'y trouver un vélo pour quand même effectuer ma randonnée, mais je n'ai trouvé que ces modèles......











Puis, empruntant un bus local, j'ai rejoint le Sinaï - à Sainte Catherine Village. Je pensais y rester deux jours, j'en suis reparti au bout de six, à regret.

Pour prendre le bus local, c'est facile, il suffit de consulter le tableau des départs :


Le bus a emprunté la route que je m'apprêtais à effectuer à vélo. Mes sentiments étaient partagés durant ce trajet, entre tristesse et joie. Tristesse de ne pas être sur mon vélo dans ce p
aysage magnifique, désertique comme je les aime, mais aussi joie de pouvoir découvrir une région qui m'était inconnue.



Mon séjour a effectivement été heureux en rencontres que je vais essayer de vous raconter.


Mohamed l'Égyptien

C'est à Maiden Al-Ataba ( Ataba Square ) que j'ai rencontré Mohamed. Je venais de visiter le Musée des Antiquités Égyptiennes et me dirigeais vers la mosquée Al Azhar.
Mohamed, la casquette vissée sur la tête, s'est approché de moi et, visiblement, il avait envie de parler à l'étranger.- " Où veux-tu aller?"
- " Je vais à la moquée Al Azhar"
- " Viens, suis-moi, j'habite à deux pas de cette mosquée, et je vais t'y amener en prenant des chemins inconnus des touristes!"
Un petit 'je ne sais quoi' me dit que l'homme est honnête, je lui fais confiance et lui emboîte le pas.
La conversation avec Mohamed est 'naturellement' en anglais et, malgré nos approximations, nous arrivons à échanger.
Rapidement, il s'engouffre dans une ruelle. Je le suis. A partir de ce moment, et ce, durant 4 heures je ne verrais plus d'étrangers! Il y a moi, et les Égyptiens !!! Et que je te serre la main par ici, que je prends le thé par là. Mohamed connait tout le monde :
- " je suis professeur ( d'anglais? ) et ce sont soit d'anciens élèves ou des parents d'élèves qui me saluent !!"Nous traversons à plusieurs reprises de véritables cours des miracles où Ali Baba aurait pu recruter plus de 40 voleurs. Mohamed me fait visiter son quartier, des bas fonds au sommet des minarets, tel celui de la mosquée El Fakahani.








Comme je lui avais lancé l'idée de me faire couper les cheveux,
il m'a emmené chez son coiffeur, où nous avons d'abord pris le thé.
J'aime me faire couper les cheveux dans un tel décor qui me rappelle un peu mon enfance.




En sortant, Mohamed me fait visiter l'échoppe de son ami vendeur d'épices Il me les a fait toutes sentir. A chaque épices, il me donna le nom, ce pour quoi elle est bonne, dans quel plat elle fera ressortir toute son arôme.




En sortant de cette droguerie, Mohamed me dit :
- " Al Azhar, c'est la deuxième à gauche puis la troisième à droite! Tu trouveras tout seul"
et il rajoute :
- " J'étais très heureux de te faire visiter mon quartier! 'Au revoir' ( en français)".

J'ai bafouillé quelques mots de remerciements, je me sentais gauche, et, je me retrouvais seul.
Trois minutes plus tard j'arrivais à la mosquée tant convoitée.


Mohamed


Les mosquées

En arrivant au Caire, j'avais très envie
de revoir la mosquée Al Azhar.
Je ne sais pas pourquoi, mais je l'avais gardée en mémoire de mon
précèdent voyage, il y a très
longtemps. Je n'ai pas été déçu.
Dommage, j'aurais bien aimé la visiter avec Mohamed, il m'aurait
expliqué pleins de mystères.



En face, la mosquée AL Hussein
mérite également que l'on s'arrête
un long moment.










La plus grande, sertie dans la citadelle, est la mosquée Mohamed Ali. On la voit de partout, blottie sur sa colline. De partout, elle invite à la prière, au recueillement.






Dans chacune d'elles, assis dans un coin, j'admire durant de longues minutes, la ferveur des musulmans présents, priants, tournés vers La Mecque ( qibla ), dont la direction est indiquée par le mihrâb, sorte de niche creusée dans la façade. Juste à coté se trouve le minbar ( chaire en bois ). J'observe également les étudiants venus en nombre étudier le Coran. Ils ne sont pas tous assidus. Certains rigolent bien entre eux ou cherchent à bavarder avec l'étrange étranger en train de lire dans son coin.
- " Tu étudies le Coran? " me demandent deux jeunes gens.
Mais ils n'ont pas cherchés à me convertir ...



Dehors, le 'coin' réservé aux femmes est moins somptueux, mais je suis certain que la ferveur y est tout aussi forte.
Devant certaines mosquées, juste au pied du minaret, j'avais l'impression d'être au Cap Canaveral en Floride. Oui, là où l'homme envoie des fusées dans l'espace. A la mosquée Mohamed Ali, je croyais vraiment être devant une fusée Saturne, prète à être envoyée dans les cieux. Rassurez-vous, ce n'était pas une fusée, c'est le soleil qui avait un peu tapé sur ma tête qui me faisait rêver.

La mosquée Fakahani, la madarsa Inalyuss, le minaret Al Azraq, la mosquée Bleue, le plafond de Az Sayyida A'Isa, la montée au minaret de Al Jurrhi ( et j'en passe des centaines ... ) : partout dans la ville la présence de l'Islam est constante. Tous ces monuments méritent qu'on s'y arrète telement chaque bâtiment est richement ciselé.

Et je n'oublie pas les cinq prières quotidiennes que personne n'oublie. A l'appel du muezzin, de partout, les hommes accourent, se rassemblent derrière l'imam et prient leur Dieu.





Rajab, le bédouin

Rajab est bédouin, un authentique bédouin, issu d'une longue lignée et, même s'il ne porte pas l'habit traditionnel, il est bédouin dans l'âme.
Il habite à Sainte Catherine village.

Son métier : guide! C'est ainsi que j'ai fait sa connaissance.
En effet, pour effectuer des randonnées dans les montagnes du Sinaï, il faut impérativement utiliser les services d'un guide. En réalité, c'est une mesure prise afin d'assurer aux bédouins un maigre revenu.
La première ballade était facile : il s'agissait de "gravir" au sommet du mont Sinaï. Je reviendrais sur ce point dans un autre chapitre.


Un autre jour, nous sommes partis pour une grande randonnée qui nous a fait parcourir durant huit heures 'ses' montagnes.
Rajab m'a fait re-découvrir des sensations oubliées : celles du contact des doigts cherchant une prise dans le merveilleux granit de cette montagne. Certes, ce n'était pas de la grande escalade, mais plus des traversées de grandes dalles, remontées de couloirs et autres cheminées. La haut, la vue est superbe et j'ai retrouvé ce bonheur d'apprécier un paysage après un bel effort.
La descente fut par deux fois moins glorieuse, n'ayant pas le matériel adéquat. J' y ai même laissé le fond de mon pantalon ...



Rajab m'a fait découvrir son peuple.

Que dire de Selma, jeune femme bédouine rencontrée dans la
rocaille à plus de trois heures de marche difficile de son village.
Cela fait deux ou trois jours qu'elle cherche dix de ses chèvres ... Que mange-t-elle? Où dort-elle?




Et Moussa, le bédouin solitaire qui vit loin là-haut. Chez lui, Rajab a fait le pain. Pour le cuire,Moussa a fait un superbe feu avec les crottes de chèvres séchées. Un fond de grand bison posé sur le feu a servi de plaque de cuisson, un bouteille faisant fonction de rouleau à pâtisserie!
Ce pain était délicieux, avec les tomates, concombres et petits oignons. Mais peut être est-ce parce que j'avais très faim ...



Rajab m'a invité à déjeuner chez lui. Sa femme prépara le déjeuner pendant que nous essayions de discuter. En jeune père de famille, Rajab était fier de me montrer Eïman, son petit dernier. A trentee-quatre ans, il a trois enfants.
Pour le repas, nous n'étions que nous deux.
- " Ta femme ne mange pas avec nous?"
- " Non, elle a mangé avant avec les petits"
Vrai, pas vrai, je ne le saurais jamais, bien que j'ai mon idée ...
Par contre, pour le thé le lendemain, son épouse l'a partagé avec nous.



Le thé bédouin!!! quel goût délicieux!! Ils le font eux-même avec cinq ou six herbes et plantes mais, suprême délice, lorsque l'eau commence à frémir, la femme est allé au jardin cueillir quelques pétales de roses pour les jeter dans l'eau, puis le thé et, enfin, le sucre. Je suis sûr que vous en prendrez bien un verre!!


Rajab m'a fait rencontrer monsieur ramadan, un autre bédouin qui vit dans les montagnes avec tous ses enfants et petits enfants. Je suis certain que son mode de vie n'a pas changé depuis les temps de Moïse. Quelle gaité dans cette famille. Le temps de la pause que nous nous sommes octroyé, les différents membres de la famille ne cessèrent de bavarder, rigoler. Monsieur Ramadan élève une véritable colonie de daman, appelé ici hyrax. Ce sont des mammifères massifs un peu plus gros qu'un lièvre mais proche de l'éléphant, sur le plan génétique ..

Et surtout, Rajab m'a fait découvrir les paysages merveilleux du Sinaï : Wadi Al Baraïn, Djebal Al Lahmar, Wadi Tala sont des noms qui résonneront encore longtemps dans ma tête.

- " Mais tu sais, le Sinaï est grand! Il faudra revenir plus longtemps une autre fois"
- " Inch Allah !" fut ma seule réponse mais Rajab a vu briller au fond de mes yeux une forte lueur d'envie.

Des rencontres diverses

Quelle surprise, lorsque dans une ruelle, Djamel me fait de grands signes.
Que veut-il me vendre?
Que je suis mauvaise langue ! Djamel veut simplement me faire visiter le grand caravansérail Wekalat Bazara.


Là vivaient 55 familles. La cour et le premier étage étaient réservés au commerce. Les 2ème et 3ème étages étaient occupés par les familles. Au fur et à mesure que se déroulait la visite, tout en grimpant les escaliers à toute vitesse, en escaladant une échelle menant au toit, et bien qu'essoufflé, Djamel ne cessait de crier : - " Café, thé, épices, café, thé, épices, .. ". Il tenait à me recréer l'ambiance de l'époque où ce lieu était animé.
A la fin de la visité, il est allé me chercher un thé dans une taverne d'à côté. Un délice!!

Une autre rencontre sympathique : le cairote à qui je demandais quel bus je devais prendre pour me rendre dans le quartier de Zamalek.
- " Prends le bus numéro 165 " disait l'un.
- " Mais non, c'est le 97 " disait un second piéton, rapidement contredit par la grande dame, qui, d'une voix autoritaire affirma :
- " C'est le 65 qu'il faut prendre!".
- " Merci, mais, je le prends où?"

Et cela recommence : à droite! mais non c'est à gauche!
Mais non, tu te trompes, c'est au prochain carrefour, à gauche.
Ah les braves gens!!
Mais, hélas, tous vos efforts étaient vains car les numéros sont écrits en chiffres arabes !
Alors de bus en bus, je demandais au chauffeur : "Zamalek??" Au cinquième chauffeur, j'ai pu monter dans mon bus datant de .... non, quand même pas de Ramses II


Ahmed parle anglais, allemand et français !!
- " J'ai travaillé à Chateauneuf du Pape!"
- " Mais alors tu bois du vin??"
- " Non, j'ai travaillé dans l'import-export et beaucoup 'mit der Deutschland'!"
Sur 500 mètres, Ahmed jongle entre les trois langues, puis prenant une ruelle à droite, disparait, en me lançant une phrase du genre :
- " Salut! good séjour and gute Reise"



Ce que j'aime beaucoup dans ces villes immenses comme Le Caire, ce sont les scènes de rues.

Que ce soient les cyclistes transportant le pain, ou les différents métiers que l'on aperçoit le long des trottoirs, j'aime à respirer ces ambiances totalement perdues chez nous. Un mélange d'exotisme, de parfum, de saveur, saupoudré de cris et rumeurs des bas fonds, un tel mélange me fait tourner la tête et m'enfoncer encore plus au fond de la ruelle.



Repassage Boulanger à pied












Aiguiseur Tourneur sur bois












Fraiseur Porteur d'eau













Boulanger à vélo et sa boulangerie













Et à chaque fois, ces rencontres sont pour moi des occasions formidables de bavarder un peu, boire un thé. Souvent, l'échange se fait uniquement dans un regard, un sourire.
C'est tellement expressif, un regard souriant!

Je pourrais encore évoquer d'autres rencontres sympathiques :

Amed, le balayeur de l'aéroport du Caire qui m'a surpris, dormant sur un banc, et dont le visage s'illumina d'un grand et large sourire lorsqu'il vit ma moustache.
- " Chanabo !!!" s'exclama-t-il ( Homme fort, puissant! ) je ne garantis pas l'orthographe ...
Ce mot, ainsi que simplement "moustache", je l'ai entendu des dizaines de fois! A chaque fois le mot et le sourire étaient accompagnés d'un geste lissant une moustache imaginaire...

Je pourrais évoquer la petite bergère qui gardait ses chèvres, après l'école et qui voulait tout savoir de moi, de mon pays.

et Martine, la Française installée au Caire depuis quatre ans et qui gère sa petite pension et son restaurant français
et Zihab qui nous a servi de guide dans le métro non sans avoir payé le ticket car nous étions 'chez lui'
et Abdul que nous avons rencontré à la sortie du métro et qui nous a accompagné jusqu'aux Pyramides!
et Ioram et Sylviane avec qui j'ai partagé un voyage en bus épique, ainsi qu'une modeste chambre au Caire
Et le cafetier chez qui j'ai déjeuné avec Angie, la jeune hollandaise qui a tout laissé dans son pays pour vivre dans le Sinaï, pour y organiser des trecks et qui aimerait tant aider les femmes bédouines.

Milles visages, milles sourires, de grandes accolades sont venus illuminer ce séjour trop court!

Rencontres bibliques

De toutes les rencontres avec les témoins de la Bible furent riches en émotions. Et je ne pensais pas être troublé de la sorte.

En partant dans le Sinaï, je me souvenais vaguement de belles histoires que l'on m'avait raconté lorsque j'étais gamin : Moïse, le Buisson Ardent, le Veau d'Or etc ...
A l'époque, j'écoutais le curé évoquer la remise des tables de la loi à Moïse au sommet du Mont Sinaï ( Djebal Musa ). Cette histoire, ainsi que le Buisson Ardent n'étaient, pour moi, que de belles fables destinées à transmettre aux générations suivantes une foi sans faille.
Le rocher d'où Moïse fit jaillir de l'eau pour abreuver tout son peuple assoiffé, encore une autre belle histoire ...
Seul, le puits où il fit la connaissance de sa jeune épouse me semblait plausible, car j'imaginais bien que des puits, il devait y en avoir pleins dans ce pays.

Donc c'est avec entrain que je gravis le Djebal Musa afin
d'y bivouaquer une nuit. Ainsi, je
pourrais assister

au coucher et au lever du soleil.



J'ai trouvé une belle plateforme pour y passer la nuit! Secrètement, j'imaginais que Dieu reviendrait apporter de nouvelles tables de Lois - le monde en aurait besoin ... - mais c'était sans compter les quelques trois cents personnes montées à partir de 3 heures du matin assister au lever du soleil. Comment voulez-vous que Dieu vienne avec un tel vacarme!!!!

A 5h04, le disque orange a fait son apparition. Après le spectacle, j'ai pris un petit déjeuner rapide afin de rejoindre à nouveau le monastère Sainte Catherine par le sentier de la Repentance. Imaginez : 3752 marches creusées par les moines !

De retour au monastère, en déambulant dans les différentes allées, je m'arrêtais soudain devant ........ le Buisson Ardent. Cela fait 1400 ans qu'il est là. Il n'a pas bougé, et d'ailleurs, cette variété d'arbuste ne pousse qu'à cet endroit!




Non loin de là, je vis le puits de Moïse.









Quelques jours plus tard, alors que je marchais dans la montagne, Rajab me dit :

- " Viens voir, je vais te montrer le Rocher de Moïse !"
Je m'arrêtais, troublé, devant cette masse de granit où l'on
aperçoit bien des traces d'une coulée d'eau.






Le lendemain, à la sortie du village de Sainte Catherine, en allant vers le monastère, un grand rocher, sur la droite de la route, attire mon attention.
Rajab me dit :
- " C'est ce rocher qui a servi, selon la légende, a couler l'or du fameux Veau d'Or !"
Effectivement, en y regardant bien, on distingue bien le fameux veau.





Mais alors? Toutes ces histoires seraient vraies??
On peut croire ou non à la véracité de ces belles histoires. Là n'est pas mon propos - à chacun sa vérité.
Il n'en reste pas moins que pour le gamin qui sommeille en moi, ce n'était plus tout à fait des histoires inventées...

Au monastère !!

Je termine mes 'petites rencontres' par celle qui aura été la plus intense, la plus rare, la plus inattendue.

Avant de gravir le Djebal Musa, je contemplais


le monastère de Sainte Catherine. Perdu au milieu de nulle part, entouré de montagnes, ce monastère est un centre monastique orthodoxe dont la vie monacale s'est déroulée d'une façon ininterrompue depuis le VIème siècle.
Depuis 1400 ans cet édifice, construit sous le règne de Justinien ( 525-565) a toujours été sous la protection d'une autorité. De Mahomet aux califes musulmans et aux sultans turcs, et même Napoléon, tous ont pris ce lieu sous leur protection, lui évitant ainsi tout pillage.

Donc, je méditais devant ce monastère lorsque l'idée d'y passer 24 heures me sembla évidente.
Dans l'église, j'aperçois un moine et lui demande à qui je devais m'adresser pour une telle requête. Cinq personnes plus tard, je me trouve devant le Père Supérieur.
- " J'aimerais partager la vie des moines durant 24 heures, vivre et dormir dans une chambre comme eux. Je vous demande ceci pour demain soir, car dans l'immédiat, je monte dormir au sommet de la montagne Sainte!"
- " Je vais réfléchir. Revenez me voir demain."
Grâce à cette première démarche, j'ai pu profiter du calme du lieu, loin de la foule venue visiter ce lieu saint.

Le lendemain, je demande à nouveau le Père Supérieur afin d'obtenir sa réponse. Je me sentais l'âme du petit enfant de chœur que j'étais, face au curé de la paroisse.
- " Hélas, il ne vous sera pas possible de passer la nuit au monastère, mais venez partager le repas avec nous!"
Un peu déçu, mais pas trop surpris de la réponse négative, je me rendis, fébrile, à 12h20 précises, à la petite porte creusée dans la grosse muraille.
Quelques minutes plus tard, je pénétrais dans le grand réfectoire.. 18 moines et deux 'civils' qui travaillent au monastère, étaient attablés autour de 5 grandes tables. Je me suis assis à l'une de ces tables.
Le repas se déroula dans un silence absolu. Aucun mot n'est échangé. Seul, du haut de la chaire, le plus jeune des moines lisait des chapitres de la Bible.
Moment d'une émotion intense, je me rendais compte que je vivais des instants exceptionnels, que j'avais droit à un privilège rare.
A la fin du repas, après les lectures de la Bible, les moines firent en commun quelques prières, puis chacun repartit à ses activités.
Moi, j'ai attendu le Père Supérieur afin de le remercier de façon confuse et maladroite. J'avoue que j'étais impressionné!
En traversant la cour, puis les couloirs, j'étais sur un petit nuage et, une fois dehors, en face de ce monastère, j'ai du me pincer en me disant : non, tu n'as pas rêvé!!