Il habite à Sainte Catherine village.

Son métier : guide! C'est ainsi que j'ai fait sa connaissance.
En effet, pour effectuer des randonnées dans les montagnes du Sinaï, il faut impérativement utiliser les services d'un guide. En réalité, c'est une mesure prise afin d'assurer aux bédouins un maigre revenu.
La première ballade était facile : il s'agissait de "gravir" au sommet du mont Sinaï. Je reviendrais sur ce point dans un autre chapitre.
Un autre jo
ur, nous sommes partis pour une grande randonnée qui nous a fait parcourir durant huit heures 'ses' montagnes.Rajab m'a fait re-découvrir des sensations oubliées : celles du contact des doigts cherchant une prise dans le merveilleux granit de cette montagne. Certes, ce n'était pas de la grande escalade, mais plus des traversées de grandes dalles, remontées de couloirs et autres cheminées. La haut, la vue est superbe et j'ai retrouvé ce bonheur d'apprécier un paysage après un bel effort.
La descente fut par deux fois moins glorieuse, n'ayant pas le matériel adéquat. J' y ai même laissé le fond de mon pantalon ...

Rajab m'a fait découvrir son peuple.
Que dire de Selma, jeune femme bédouine rencontrée dans la
rocaille à plus de trois heures de marche difficile de son village.
Cela fait deux ou trois jours qu'elle cherche dix de ses chèvres ... Que mange-t-elle? Où dort-elle?
Et Moussa, le bédouin solitaire qui vit loin là-haut. Chez lui, Rajab a fait le pain. Pour le c
uire,Moussa a fait un superbe feu avec les crottes de chèvres séchées. Un fond de grand bison posé sur le feu a servi de plaque de cuisson, un bouteille faisant fonction de rouleau à pâtisserie!Ce pain était délicieux, avec les tomates, concombres et petits oignons. Mais peut être est-ce parce que j'avais très faim ...
Rajab m'a invité à déjeuner chez lui. Sa femme prépara le déjeuner pendant que nous essayions de discuter. En jeune père de famille, Rajab était fier de me montrer Eïman, son petit dernier. A trentee-quatre ans, il a trois enfants.
Pour le repas, nous n'étions que nous deux.
- " Ta femme ne mange pas avec nous?"
- " Non, elle a mangé avant avec les petits"
Vrai, pas vrai, je ne le saurais jamais, bien que j'ai mon idée ...
Par contre, pour le thé le lendemain, son épouse l'a partagé avec nous.
Le thé bédouin!!! quel goût délicieux!! Ils le font eux-même avec cinq ou six herbes et plantes mais, suprême délice, lorsque l'eau commence à frémir, la femme est allé au jardin cueillir quelques pétales de roses pour les jeter dans l'eau, puis le thé et, enfin, le sucre. Je suis sûr que vous en prendrez bien un verre!!

Rajab m'a fait rencontrer monsieur ramadan, un autre bédouin qui vit dans les montagnes avec tous ses enfants et petits enfants. Je suis certain que son mode de vie n'a pas changé depuis les temps de Moïse. Quelle gaité dans cette famille. Le temps de la pause que nous nous sommes octroyé, les différents membres de la famille ne cessèrent de bavarder, rigoler. Monsieur Ramadan élève une véritable colonie de daman, appelé ici hyrax. Ce sont des mammifères massifs un peu plus gros qu'un lièvre mais proche de l'éléphant, sur le plan génétique ..
Et surtout, Rajab m'a fait découvrir les paysages merveilleux du Sinaï : Wadi Al Baraïn, Djebal Al Lahmar, Wadi Tala sont des noms qui résonneront encore longtemps dans ma tête.
- " Mais tu sais, le Sinaï est grand! Il faudra revenir plus longtemps une autre fois"
- " Inch Allah !" fut ma seule réponse mais Rajab a vu briller au fond de mes yeux une forte lueur d'envie.